Retour
Imprimer

Les 3 barrières de sûreté des centrales nucléaires

Tag(s) : centrales nucléaires

Magazine alternatives n° 10, 4e trimestre 2005 Rubrique : Décryptage


Illustration : Karambole

Le principe de précaution n'est pas une nouveauté pour l'industrie nucléaire et la culture de sûreté qui la caractérise constitue l'un de ses meilleurs atouts.

On entend par « sûreté des installations nucléaires » l'ensemble des dispositions techniques et d'organisation prises à tous les stades de la conception, de la construction et de l'exploitation d'une installation nucléaire. Son objectif est d'assurer un fonctionnement normal, prévenir les risques d'accident et, s'il en survient malgré tout, d'en limiter les conséquences.

Trois barrières et une défense en profondeur

Pendant le fonctionnement du réacteur, une grande quantité de produits radioactifs s'accumule dans le combustible. On se protège contre leur dissémination éventuelle en interposant une succession de « barrières » résistantes, étanches et indépendantes pour les confiner. Pour assurer la tenue de ces barrières, on identifie d'abord ce qui peut en menacer l'intégrité et l'on en déduit des lignes de défenses successives qui garantiront une grande efficacité : c'est le concept de « défense en profondeur ».

Le retour d'expérience

Le plus grave accident survenu dans une centrale nucléaire fut celui de Tchernobyl en 1986, souvent présenté comme un exemple de la dangerosité de l'énergie nucléaire. De l'avis de tous les experts, il est surtout la conséquence d'un essai hautement hasardeux, aggravé par la conception même du réacteur (instable dans certaines situations) et un personnel mal formé. Le second accident grave du nucléaire civil est celui de la centrale de Three Mile Island survenu aux États-Unis en 1979. Classé au degré 5 de l'échelle internationale de gravité INES* (Tchernobyl est au degré 7, le plus élevé), il n'a fait aucune victime et n'a pas eu d'impact sur l'environnement, malgré les dommages importants subis par le cœur du réacteur. Ce dernier a été détruit mais l'enceinte de confinement a empêché les produits radioactifs de se répandre à l'extérieur. La troisième barrière a donc pleinement joué son rôle. Surtout, cet accident a apporté un retour d'expérience qui a permis à tous les exploitants de mieux prendre en compte le facteur humain dans la sûreté. En France, par exemple, de nouveaux dispositifs de contrôle et de procédures de conduite ont été mis en place, l'ergonomie des salles de commande améliorée et la formation sur simulateur développée.

* Adoptée en France depuis 1994, l'échelle INES (International Nuclear Event Scale) sert à mesurer, du niveau 0 au niveau 7, la gravité d'un accident nucléaire.

Retrouvez l'intégralité du n° 10

Recherche

FAQ

Pourquoi les États-Unis et l’Angleterre n'appliquent-ils pas le système MKSA ?
Lire la réponse