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Du côté de Cork

Magazine alternatives n° 8, 1er trimestre 2005 Rubrique : Décryptage

Des micro-projets très créatifs et des initiatives à l'échelle locale… La ville de Cork illustre le volontarisme irlandais dans l'application des objectifs européens sur les énergies renouvelables.

La « verte Irlande » a décidé de donner un contenu encore plus écologique à sa couleur emblématique. La faiblesse de ses ressources naturelles (86 % d'énergie importée), un climat océanique peu clément et son engagement dans le protocole de Kyoto l'ont amenée à se doter d'une politique énergétique volontariste, privilégiant les sources d'énergies renouvelables.

« Faire feu de tout bois »

Depuis la fin des années 90, la ville de Cork, qui dépendait à 99,9 % de sources d'énergies extérieures, fait preuve d'une créativité certaine. Elle affiche aujourd'hui sa volonté de « faire feu de tout bois » en matière énergétique, aucune ressource n'étant a priori exclue. Déjà, ses habitants sont incités à acheter de l'électricité « verte » aux parcs éoliens implantés dans le comté de Cork ou ailleurs en Irlande. L'énergie éolienne dans le pays (63 mégawatts de puissance installée) représente près de 30 % des énergies renouvelables de l'île, derrière l'hydroélectricité. Le soleil lui-même est de la partie, car même ses rares apparitions sont mises à profit avec le développement de chauffe-eau solaires dans l'habitat social, dans le cadre du programme européen « Altener » pour la promotion des énergies renouvelables. Des habitations nouvelles sont ainsi équipées, en même temps qu'est renforcée l'isolation passive grâce à l'orientation plein sud d'une cinquantaine de logements sociaux construits par la ville. Sans vouloir rattraper l'Autriche et ses 288 m2 de panneaux solaires pour 1 000 habitants, l'Irlande, qui en compte moins d'un par habitant, estime néanmoins qu'elle dispose d'un gisement à valoriser.

Les biogaz de la décharge municipale

La discrète géothermie constitue une autre source d'énergie exploitée. La température de la couche aquifère (nappe d'eau souterraine emplissant les vides dans les roches) sous la ville offre en effet un potentiel idéal pour le chauffage de locaux en hiver et la production de froid en été. Un important complexe sportif, la nouvelle bibliothèque, les bâtiments municipaux ou encore le centre de loisirs en bénéficient déjà. Tout aussi intéressante, l'exploitation des gaz de décharge dans un centre d'enfouissement des déchets : 70 puits creusés sur un site de 66 hectares y récupèrent les gaz de décomposition pour alimenter une centrale de cogénération de chaleur et d'électricité. Le laboratoire municipal, installé sur place, en utilise les calories, tandis que l'électricité produite (1,8 mégawatt) est distribuée dans 1 400 foyers, cumulant ainsi 4 % des besoins de la ville.

Les transports font aussi l'objet de projets pilotes. Dans le cadre du projet européen Civitas*, la flotte des véhicules municipaux de Cork va troquer ses moteurs à gazole contre un carburant au GPL ou un dérivé de l'huile de colza, moins polluants.

Au total, une série de réalisations concrètes bien dimensionnées au contexte local et dont les gains sont évidents : économies dans les factures de chauffage et de production de froid, économies en énergies fossiles, réduction des émissions de gaz à effet de serre. Cork applique de manière créative et intelligente, à son échelle, les directives de l'Union européenne en matière d'énergies renouvelables.

*Développement de modes de transport non polluants.

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