Si la Chine et d’autres pays continuent de développer des centrales nucléaires, les réserves actuelles d’uranium ne vont-elles pas s'épuiser ?
Magazine alternatives n° 6, 3e trimestre 2004 Rubrique : FAQ
Question :
Il y a quelques années, on nous expliquait que l’énergie nucléaire n’avait d’avenir qu’avec le développement de la surgénération. Si la Chine et d’autres pays continuent de développer des centrales nucléaires, les réserves actuelles d’uranium seront assez vite épuisées…
Réponse :
Il est vrai qu’après les " chocs pétroliers " de 1973 et 1979, les pays industrialisés ont craint de manquer d’énergie et que, dans la perspective d’un développement important de l’énergie nucléaire, les réserves d’uranium pouvaient paraître relativement limitées. En permettant de multiplier virtuellement ces réserves par un facteur compris entre 50 et 100 – par valorisation de l’ensemble des isotopes de l’uranium – la filière des réacteurs à neutrons rapides (surgénérateurs) semblait en effet promise à un grand avenir. Mais le pétrole a ensuite retrouvé son cours initial et les prévisions pessimistes dépendant des ressources pétrolières pour l’an 2000n’ayant pas été vérifiées, les surgénérateurs ont perdu de leur attractivité. Le coût résultant d’une exploitation plus délicate que prévu, les risques présentés par le sodium liquide utilisé pour son refroidissement et, surtout, la pression des mouvements écologiques ont conduit le gouvernement français à décider, en septembre 1997, de démanteler le prototype " Superphénix " qui avait pourtant atteint le stade industriel et produisait de l’électricité sur le réseau.

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