Voiture électrique : que faire des batteries usagées ?
Tag(s) : voitures électriques, batteries électriquesMagazine alternatives n° 21, 4e trimestre 2009 Rubrique : FAQ
Question :
Vous indiquez que le secteur de l’électricité représente à lui seul 41 % des émissions de CO2. Dans ces conditions, peut-on affirmer que l’utilisation (en France) d’une voiture électrique produit 0 g de CO2 au km ? Et que dire des 300 kg de batteries installées dans le plancher et qui, après usage, seront sans doute une source de pollution importante ?
Réponse :
Le fonctionnement des batteries électriques les plus récentes pour l’automobile – notamment les batteries lithium-ion et lithium-métalpolymère ou les futures batteries à hydrogène – est en effet totalement exempt d’émissions d’effluents gazeux nocifs pour l’environnement. Votre question renvoie par ailleurs fort pertinemment au problème du bilan énergétique de la gestion des déchets. En effet, toute intervention de récupération et de recyclage de déchets met en oeuvre des dispositifs et équipements industriels qui nécessitent de l’énergie, donc créent un dégagement de CO2, à des degrés variables cependant, selon que l’énergie primaire est d’origine nucléaire, renouvelable ou fossile. Mais cet aspect est à mettre en regard des avantages induits pour l’environnement.
Ainsi, le recyclage des huiles usagées ou la récupération des métaux lourds réduit la pollution durable des sols ; la désulfuration des fumées évite d’empoisonner l’atmosphère ; le désamiantage sauve des vies humaines… Sur le long terme, le bilan de la gestion de ces déchets reste donc très largement positif.
Par ailleurs, les industriels sont d’ores et déjà assujettis aux diverses contraintes des réglementations internationales et nationales.
La Convention de Bâle, adoptée par l’Union européenne en 1989, définit les déchets considérés comme dangereux et vise à contrôler les mouvements transfrontaliers de ces déchets et leur élimination. Pour les batteries automobiles, la convention spécifie leurs conditions de stockage, de transport et de recyclage (notamment pour le plomb des batteries actuelles).
Plusieurs directives de l’UE ont, depuis, complété le dispositif initial et précisé notamment le principe du « pollueur-payeur ». À titre indicatif, environ 800 000 tonnes de batteries automobiles, 190 000 tonnes d’accumulateurs industriels et 160 000 tonnes de piles portables (grand public) sont mises sur le marché de l’UE chaque année.

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